Vers une meilleure évaluation des effets de la réouverture de petits estuaires seino-marins sur les sols, l’eau et la biodiversité : exemple de l’estuaire de l’Yères

Monday, 26 January 2026

                                        

La basse vallée de l’Yères, située en Seine-Maritime, est caractérisée par des prairies humides sub-halophiles classées Natura 2000, liées à la construction historique d’une digue route isolant la zone avale du fleuve de la frange littorale. La digue-route littorale, ainsi qu’une buse servant d'exutoire de l’Yères, sont aujourd’hui en mauvais état, engendrant une efficacité faible en matière de protection contre les submersions marines et d’évacuation des crues. La buse est de plus non conforme en matière de continuité écologique. Un projet de réouverture de la basse vallée à la mer est donc à l’étude, porté par le Syndicat Mixte Littoral de Seine-Maritime en partenariat avec d’autres acteurs (AESN, SBVY, CCVS, commune de Criel-sur-Mer). La mise en transparence de l’ouvrage est prévue pour 2030. À l’initiative de l’OFB, une réflexion a été lancée début 2023 sur l’intérêt et la faisabilité de définir un protocole de Suivi Scientifique Minimum (SSM) inspiré des projets existants pour les milieux aquatiques continentaux et adapté au cas spécifique des opérations de ré-estuarisations.

                                                                                        

                                                            

La basse vallée de l’Yères a été identifiée comme cas d’étude. Un groupe réunissant des experts nationaux et des acteurs institutionnels a formalisé les objectifs environnementaux d’une telle reconnexion terre-mer : recréer une mosaïque d’habitats typiques d’un petit estuaire, restaurer la continuité écologique pour les migrateurs amphihalins et restaurer une fonction d’habitat et nourricerie pour les poissons marins et les oiseaux.

                                                              

Le SSM vise établir un état initial (période 2024-2028), et à suivre l’évolution du milieu afin de mesurer les effets des futurs travaux, notamment en regard des objectifs définis. Il inclut :

  • La mise en place d’un réseau de suivi des eaux de surface et souterraines pour observer la dynamique de salinisation à l’interface terre-mer, la mise en œuvre de campagnes géophysiques pour aider à spatialiser l’interface eaux douces/salées dans les eaux souterraines.
  • La caractérisation morphologique et physico-chimique des sols, notamment l’étude de l’évolution de leurs fonctionnalités en termes de capacités de dénitrification et de stockage du carbone (Projet CARSOL1) avec une estimation de la qualité des stocks de carbone par pyrolyse RockEval.
  • Le suivi des formations de végétation en place et des banques de semences des sols.
  • Le suivi des macroinvertébrés sur le platier rocheux, l’estran sableux, le cours d’eau et les fossés.
  • Le suivi piscicole des espèces-cibles estuariennes et amphihalines et de leurs habitats fonctionnels (frayères).
  • Une analyse de l’évolution du fonctionnement trophique des milieux aquatiques (Projet YSOREST1) avec étude des contenus stomacaux et composition isotopique d’espèces cibles de poissons et des ressources basales des réseaux trophiques aquatiques associés.
  • Un volet ornithologique avec des suivis STOC, SHOC, ACROLA et Transects en milieux prairiaux. 

                                                                                       

                                                        

                                                

 

                                                                                                      Contact : clement.duhaut@univ-rouen.fr